Biographie

Jacques Boussard

Jacques Boussard nait le 3 Février 1915 à Oucques la Joyeuse, en Touraine. Il commence, à peindre très jeune, auprès de son professeur du collège Stanislas, Rodigue, ancien élève de Gustave Moreau.

Ayant travaillé à l’académie Ranson sous la direction de Bissière, envers qui il a gardé une vive reconnaissance, il expose dès 21 ans avec succès à la galerie Max Kaganovitch, celui-ci devenant son marchand.

Esprit curieux, artiste profondément cultivé, il construit son propre style dans la lignée éclectique de l’École de Paris, oscillant entre le cubisme, pour la rigueur de la composition, et le fauvisme, pour le sens de la couleur.

Démobilisé après la Campagne de France, il peint à Aigueperse des portraits et paysages dans une palette sombre à base de terre. Les années 1950 laissent des natures mortes aux lignes fortes s’attachant surtout à la construction et à la matière. Cette peinture figurative, d’influence un peu cubiste, qui recèle des éléments de l’abstrait, permet de suivre le cheminement de l’artiste qui, ayant d’abord analysé l’espace, s’appuyant sur la géométrie, restitue ensuite les masses essentielles du réel. 

Viennent ensuite les paysages, une peinture plus joyeuse d’une facture plus légère, faite de taches colorées, correspondant à des séjours dans le Midi des années 1960.

Jusqu’en 1968, il expose régulièrement en France et en Europe ; notamment à la Galerie Charpentier (École de Paris, Peintres témoins de leur temps), à la Galerie Durand-Ruel (Boussard, Laprade, Bouché), au Salon d’Automne (1944-1987) au Salon des Tuileries et au Salon des Artistes Honfleurais, ainsi qu’à Bâle, Belgrade, Bourges, Bruges, Londres, Menton, Mulhouse, Offenbach am Main et Turin.

Durant les années 1970, après la mort de Max Kaganovitch et sa dernière exposition individuelle en 1974 à la galerie Hélios, Boussard se retire dans son atelier. « Dans mes goûts, je suis à contre-courant de l’art et des recherches actuels : agressivité, violence, mouvement, l’étrange, le fantastique. » Le modèle apparaît alors – Boussard peint des figures et des nus, d’une construction sobre, avec une palette très réduite qu’il relève de quelques taches bleues qui font ressortir la chaleur de la gamme. Une mince couche s’estompe parfois et laisse apparaître le grain de la toile et le dessin.

Une constante traverse toute l’œuvre de Boussard : composition limpide, rigoureuse, équilibre des moyens qui offre à ses toiles cette harmonie élégante et sobre qui l’inscrit dans la continuité de la peinture française.

« Je crois plus à la poésie du quotidien qu’à l’imagination, au fantastique, à l’extraordinaire. »